Prêches au garage

Au ministère des Affaires religieuses,  «on ne ferme pas des mosquées, mais des garages»

Zitouna

Début avril, le ministère des Affaires religieuses nous indiquait avoir « fixé une date butoir pour que les mosquées hors-la-loi régularisent leur situation. » Cette date, c'était le 6 novembre 2015. « Toutes les mosquées devront être en conformité avec les règles fixées par l’Etat », disait alors Selim Bechikh, cadre au ministère des Affaires religieuses. Depuis, il y a eu l'attentat de Sousse et la promesse, parmi onze autres mesures de sécurité, d'Habib Essid d'accélérer la fermeture de 80 mosquées « hors de contrôle. » Le ministère des Affaires religieuses nous avait par ailleurs indiqué à l'époque que les mosquées hors-la-loi étaient au nombre de 226.

Deux semaines après l'attaque meurtrière de Sousse, nous avons recontacté Selim Bechikh. Pour le cadre au ministère des Affaires religieuses, il est important de rappeler que les mosquées hors-la-loi se divisent en deux catégories : d’un côté, les mosquées construites sur des terrains public non désignés pour la construction d’édifices religieux ou sur des terrains privés, de l'autre les mosquées « dont les imams ont été remplacés par des intégristes qui défient la loi. » Selim Bechikh ajoute que « la fermeture des mosquées n'est pas un objectif en soi. » Autrement dit, le ministère des Affaires religieuses refuse de fermer des mosquées sans raisons. Le responsable indique simplement que « la fermeture de certaines mosquées est un avertissement envoyé aux responsables pour régler leur situation avec la loi. » Pour étayer son propos, le cadre au ministère des Affaires religieuses assure avoir « déjà fermé une mosquée qui a de nouveau ouvert ses portes, après avoir rempli les conditions nécessaires et légales pour l'ouverture d'une mosquée. »

D'autre part, le responsable du ministère revient sur le terme de « mosquées. » Selon Selim Bechikh, « parler de mosquées dans ces cas-là est un peu exagéré. Car le ministère n'est pas en train de fermer des mosquées, mais plutôt des garages utilisés par certaines personnes pour des prêches prônant le djihad. » Selim Bechikh tient en effet à préciser que, dans la plupart des cas, « il ne s'agit pas de mosquées avec des minarets et des coupoles, ce sont juste de simples garages utilisés par des intégristes pour transmettre leur discours au plus grand nombre. »

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